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Focus sur la musique de Discoveryland à Disneyland Paris

Écrit par sur 11 mai 2021

La musique de Discoveryland est toute particulière à Disneyland Paris. Découvrons ensemble tout ce qu’elle cache, et ce qui la rend unique…

discoveryland musique

Un land à part

A travers le monde, les Royaumes Enchantés de Disney sont construits autour des mêmes lands.  Tous ?  Non, il y en a un qui se distingue à Paris… Eh oui … Il n’existe qu’un seul Discoveryland au monde, et il est à Disneyland Paris !

Walt Disney était passionné par les technologies nouvelles et le futur en préparation.  Voilà pourquoi il veut intégrer un Tomorrowland dans son premier pars, en Californie.  De parc en parc, l’idée est répétée.  Mais à Paris, dans ce pays qui a vu naître un visionnaire tel que Jules Verne, il fallait l’envisager d’une autre façon.  Non pas en imaginant le futur qui se profile mais en glorifiant les futurs inventés par divers visionnaires … passés ou présent.  Et pour un Land aussi unique… pour ce vibrant hommage aux visionnaires du passé et du présent… il fallait une ambiance très… spéciale. Gros plan sur une musique originale à plus d’un titre.

La musique comme trait d’union

Discoveryland n’est pas le Land du futur.  Il n’est pas non plus le land d’un futur.  Discoveryland, c’est le Land « des » futurs.  Il est le Pays des futurs envisagés par Jules Verne, H.G. Wells ou bien encore George Lucas.  L’idée unificatrice sera de les rassembler à la manière d’une exposition universelle.

À travers son architecture et son histoire, chaque attraction reflète une vision bien particulière de l’avenir.  Orbitron, Machines Volantes nous montre ce futur que Léonard de Vinci pouvait imaginer à la Renaissance… l’évocation de Jules Verne nous transporte dans l’espace ou sous la mer du 19e siècle avec Les Mystères du Nautilus et Space Mountain – De la Terre à la Lune… Et la vision plus contemporaine est apportée avec Star Tours : L’Aventure Continue.

Ambiance unique … musique particulière

Cette originalité apporta toutefois une difficulté supplémentaire aux Imagineers.  Devant une telle diversité de futurs, comment trouver le moyen de donner une unité à cet ensemble disparate ? La musique d’ambiance, ou background music (BGM), était le moyen idéal d’y parvenir.  La tâche se révèlera ardue.

En général, les musiques d’ambiance des Parcs Disney aident à planter le décor de chaque Land. Pour Discoveryland, il fallait une approche plus émotionnelle.  La musique devait incarner l’esprit de découverte, l’émerveillement et l’optimisme propres à ce Land.

Dans un autre monde…

Durant la conception de Discoveryland, l’Imagineer Tim Delaney s’est d’abord tourné vers l’œuvre du compositeur de musique de film Bernard Herrmann.  Il avait choisi en particulier Voyage au Centre de la Terre (1959) et Le Jour où la Terre s’arrêta (1951), qu’il considérait comme la quintessence de la musique de science-fiction. Ces pièces avaient une empreinte sonore unique.  Elles semblaient appartenir à un autre univers.  La première faisait appel à un ensemble inédit de cinq orgues, harpes, percussions et cuivres.  Et la seconde recourt à un thérémine, l’un des premiers instruments électroniques, aux sonorités étranges, que l’on joue sans le toucher.  Dans les deux cas, l’originalité est au rendez-vous.

Mais les Imagineers ne sont pas satisfaits.  La nature très particulière de Discoveryland ne pouvait être enfermée dans le cadre d’une musique déjà existante.  Ils choisissent alors de se tourner vers une musique originale, conçue spécifiquement pour ce Land.  Dans leurs recherches, ils découvrent David Tolley.  Ce jeune pianiste et compositeur travaillait alors dans le domaine de la musique de film et s’intéressait à la musique électronique. Sa personnalité originale, à la fois classique et moderne, répondant parfaitement aux ambitions de Discoveryland.

Impressions de France

Pour composer cette BGM, David Tolley a pu s’appuyer sur des dessins et concepts.  Il demande aussi les mots ou expressions qui décrivent le land.  Tim Delaney lui fournira cette liste qui permettra de saisir l’esprit et les émotions du lieu.  « Discovery » (découverte) ou « Timeless » (intemporel) se retrouveront ainsi dans certains des titres de cette musique. Tim Delaney a également suggéré des idées d’envol et d’héroïsme, que l’on retrouve dans la musique de film, mais aussi dans les œuvres de l’époque de Jules Verne.

Une écriture toute particulière

On retrouvera ces influences à travers l’écriture très pianistique des musiques de Discoveryland.  Et ce n’est pas un hasard que de ressentir cet écho à la musique française de la seconde moitié du 19e siècle.  

Ainsi, l’écriture classique de Heavenly Flight, avec ses arpèges et ses fusées, n’est pas sans rappeler celle de Camille Saint-Saëns, et notamment le fameux Final de son Carnaval des Animaux.

Le style est plus impressionniste de Hilary’s Discovery évoquant Claude Debussy.  Ce compositeur avait d’ailleurs inspiré le compositeur de 20.000 Lieues sous les Mers.

Quant à A French’s Maiden Waltz, on y trouve, non sans une touche d’humour supplémentaire, la patte d’un Émile Waldteufel, « le Strauss français », connu pour sa fameuse Valse des patineurs.

Une musique « électro- synthé-magnétique »

Une autre dimension essentielle de cette musique est l’aspect « hors du temps » que lui confèrent ses sonorités électroniques. A l’ouverture du pars, en 1992, Orbitron, Machines Volantes était le « weenie », le pôle d’attraction visuel de Discoveryland.  Alors que l’espace n’était pas encore envahi par la construction de Space Mountain, il monopolisait l’œil grâce à ce savant mélange d’héritage et de modernité.  L’Orbitron, c’est l’association d’une architecture inspirée de Léonard de Vinci, et d’un éclairage au néon qui lui donne une apparence électrique.

À son image, la musique de Discoveryland revisite l’écriture classique à travers le synthétiseur.  On peut rapprocher cette approche de celle de Jean-Jacques Perrey.  En composant le fameux thème de la Main Street Electrical Parade, il donne un côté électronique à une musique d’insspiration baroque.  De la même manière, la compositrice de Tron, Wendy Carlos, s’était rapprochée des œuvres de Bach et Beethoven ou encore Rossini.

Ainsi, dans Heavenly Flight, l’un des morceaux les plus emblématiques du Land, l’émerveillement prend une dimension universelle, à travers ces chœurs éthérés et ces clochettes électroniques. Quant à la passion de l’exploration, elle est au cœur de Christafori’s Parade, aux sonorités aériennes, et dont le tempo semble épouser les différentes phases d’un voyage à bord d’Orbitron, de l’excitation du décollage à la contemplation des étoiles.

Une véritable harmonie des sphères !


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