Taram et le Chaudron Magique : Disney entre succès et échec

Mal aimé au sein des Grands Classiques Disney pour son côté très sombre, Taram et le Chaudron Magique a pourtant révolutionné les techniques d’animation à son échelle…

« À en croire la légende, au cœur du royaume de Prydain, il était une fois un roi si cruel et si maléfique que même les dieux le craignaient. Aucune prison ne pouvant le retenir, il fut brûlé vif dans un creuset empli de métal en fusion où son esprit démoniaque fut à jamais figé sous la forme d’un immense chaudron magique.

Durant des siècles, le chaudron magique demeura dans l’ombre patiemment mais des hommes malveillants le recherchaient. Celui d’entre eux qui le découvrirait aurait le pouvoir de ressusciter une armée de guerriers d’outre-tombe grâce auxquels il se rendrait maître du monde. » — Prologue

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L’histoire

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Le Seigneur des Ténèbres. Non, pas l’ennemi de Harry Potter. Celui-ci est un Seigneur du pays de Prydaine. Evoquer son nom suffit à faire trembler les plus valeureux des chevaliers. Tout le pays n’a qu’une seule crainte : qu’il prenne un jour le pouvoir sur la région. Et il y arriverait s’il pouvait mettre la main sur le chaudron magique que garde jalousement les sorcières des marais de Morva. La chose semble possible…

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Et pourtant, Taram, un jeune porcher, Tirlir, sa truie qui lit l’avenir, et Eloïse, une jeune princesse, vont déjouer les plans de cet infâme personnage…

Une histoire qui vient de loin

Le long-métrage de 1985 est tiré du deuxième tome des Chroniques de Prydain de Lloyd Chudley Alexander.  Ce volume intitulé « Le chaudron noir » est paru en 1965.

Au début des années ‘70, Disney acquiert les droits des cinq volumes des Chroniques de Prydain, inspirées des mythologies galloise et celtique.  En effet, les livres de Lloyd Alexander sont un véritable creuset pour un long-métrage Disney : chevaliers, créatures magiques, une princesse,… On a là tous les éléments pour un cycle de fantasy à destination de la jeunesse.

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Les Chroniques de Prydain ont été éditées entre 1964 et 1968.  Elles nous content les aventures de Taran, un jeune homme qui vient d’être désigné Assistant gardien de cochon.  Mais il a d’autres rêves : il veut devenir un grand héros. Et c’est tout un monde magique qui s’ouvre devant lui et ses compagnons : la princesse Eilonwy, le barde errant Fflewddur Fflam, le nain Doli, et une créature farouche mais sympathique nommée Gurgi. Le sens de ce cycle est le passage de l’enfance à l’âge adulte, un cycle initiatique…

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Dans le deuxième volume intitulé Le Chaudron Noir, Arawn, le Seigneur de la Mort, a mis la main sur l’arme la plus puissante du Royaume de Prydain. Mais Taram et le prince Gwydion sont bien décidés à s’y opposer.  Avec leurs fidèles compagnons, ils vont braver le froid et affronter les dangers les plus redoutables. Le but de leur mission : détruire un chaudron noir avec lequel le Seigneur diabolique ressuscite les morts pour en faire des guerriers sans âmes…

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Un graphisme de qualité

Ce long-métrage nous plonge dans une ambiance fantastique moyenâgeuse du meilleur effet grâce à une animation de qualité et de jolis décors stylisés. Des forêts aux arbres tordus, une clairière fleurie, de brumeux marais, un inquiétant château de pierres noires,… Les coloristes ont créé une atmosphère de fantasy extraordinairement envoûtante.

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On retrouve aussi tout un bestiaire médiéval celtique qui évoque les légendes arthuriennes. Il y a comme une atmosphère de Merlin l’Enchanteur. Du côté sombre, des vouivres noires au service du Seigneur des Ténèbres, des sorcières, une sorte de petit gobelin nommé Crapaud, des petites fées colorées, et ce truc indescriptible du nom de Gurk.  On ajoutera aussi tout une série d’artefacts magiques dont le fameux Chaudron Noir…

Un doublage d’exception

C’est John Hurt en personne qui donne vie au Seigneur des Ténèbres. Celui qui fut Elephant Man, Ollivander dans Harry Potter ou le Docteur de la Guerre de Doctor Who donne ici toute sa dimension sembre au méchant de l’histoire…

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Un échec retentissant

Malgré tout ça, Taram et le Chaudron Magique sera un grand flop dans l’histoire de Disney.  Taram de figurera pas au rang des héros et la princesse Eilonwy ne rejoindra jamais les autres princesses Disney telles que Cendrillon et autres Blanche-Neige…

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Il faut dire que l’animation voit le jour au milieu de grands bouleversements dans les studios.  Durant la production, c’est la valse des scénaristes, animateurs, réalisateurs et autres producteurs.

Il faut dire également qu’avec ce film, Disney aborde sans doute des thèmes trop sombres pour l’époque.

A redécouvrir

Aujourd’hui, il ne faut pas bouder son plaisir. Disney a pris le risque de proposer récit de Dark Fantasy. Le film est gorgé de merveilleux, de sorcellerie, de ténèbres, de vengeance, de magie et de courage.  Et, finalement avec « Taram et le chaudron magique », Disney amorçait un retour vers les grands classiques.  Il réunit des musiques sublimes, une animation bluffante à un conte merveilleux : à la fois sombre et sérieux.

Pour ces audaces visuelles et scénaristiques, on se doit de redécouvrir ce grand moment de cinéma qui ne mérite pas d’être jeté aux oubliettes.

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